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3 juin 2009

Tout le monde à la mer - Okinawa



Bonjour à tous !

J'aimerais vous parler d'un reportage diffusé il y a quelques heures sur Arte. Ce numéro de « Tout le monde à la mer » avait pour sujet Okinawa et il s'agit selon moi d'une excellente introduction à l'archipel. En 43 minutes, c'est bien plus agréable à suivre que ma conférence de l'année dernière au salon Chibi JE. Il n'y a pas de rediffusion prévue à la télévision mais vous pourrez encore voir ce reportage pendant sept jours grâce au site Arte+7.
En guise de prise de contact avec Okinawa, les journalistes ont utilisé son côté le plus connu en Europe : la longévité des habitants de l'archipel grâce à leur régime alimentaire. En parcourant l'archipel, ils ont fait diverses rencontres faisant surgir les aspects que chacun est amené à découvrir une fois sur place : rapport à la nourriture, dynamisme des anciens, culte des ancêtres, karate, bataille du Pacifique, bases américaines, etc.



Je vous invite vivement à trouver quelques minutes pour regarder ce documentaire. Si ça ne suffit pas, j'ajoute qu'un journaliste se fait malmener au nom du karate d'Okinawa, qu'il est invité à goûter aux yeux de poisson (comme le kijimuna dont nous reparlerons vite), qu'une grand-mère de 95 ans agresse la caméra, etc. C'est ça qu'on appelle teasing, non ?

Enfin, je vous en reparlerai ultérieurement mais il est fort probable que je sois de retour à Japan Expo (le mois prochain) avec l'ami Toshi, pour une conférence-concert autour du sanshin, luth à trois cordes d'Okinawa déjà brièvement présenté lors de la conférence de l'an passé. Nous jouerons notamment Asadoya Yunta, entendue en trois ou quatre versions différentes dans « Tout le monde à la mer ».

Enfin, car on ne s'en lasse pas, je vous laisse avec cette image du pont reliant l'île principale d'Okinawa (沖縄本島) à celle de Kouri (古宇利島) et que l'on voit dans le reportage.



Petits remarques néanmoins : la célèbre avenue de Naha est Kokusai Dôri (route internationale) et non Kansai Dôri comme prononcé dans le reportage (Kansai désigne la région qui comprend Osaka, Kyôto, Nara notamment). Par ailleurs, bien que cela marche plutôt bien en français, les cabines photo utilisées par les jeunes japonais s'appellent purikura et non pelikula.

12 janv. 2009

Paris - Naha




Bonjour à tous !

Je vous prie de m'excuser pour le récent silence-radio mais j'ai une bonne excuse : j'étais à Okinawa pour les fêtes de fin d'année.

Qu'en dire si ce n'est que ça n'a pas changé depuis quatre mois !

Les concerts quotidiens du Kam's, à Naha, sont toujours aussi bons,



les vagues toujours aussi rassurantes,



Noël, toujours aussi peu crédible à 20°C,



les lieux inquiétants... toujours aussi inquiétants,



les camarades toujours aussi chaleureux



et les beignets de patate douce bons comme jamais.



Non, vraiment, Okinawa c'est au-delà.



Pour terminer, imaginez plutôt avec quel pincement au cœur on quitte l'archipel quand l'archipel des Kerama nous salue au crépuscule :



C'est aussi ça, Okinawa.

28 nov. 2008

Le régime d'Okinawa, un mythe ?



J'étais un peu dubitatif, cette année, quand un ami français s'étant intéressé à la culture culinaire d'Okinawa me disait que ce régime alimentaire vanté et commenté aux quatres coins du monde n'était qu'une chimère. J'aurais dû lui accorder plus de crédit car un récent article de Philippe Pons (correspondant du Monde de longue date au Japon) va dans le sens de sa thèse, évoquant le déclin de l'espérance de vie à Okinawa.

Il explique d'abord qu'un village du nord de l'île principale, Oogimi (大宜味村) est célèbre pour être l'endroit comptant la plus forte proportion de centenaires au monde. Très bien, la fierté d'Okinawa est jusque-là sauve. Mais...

Le record de longévité a longtemps été l'apanage d'Okinawa. Ce n'est plus le cas.

D'après ce même article, l'espérance de vie des hommes a connu un net recul, passant de la première à la vingt-sixième place, au moins dans le cas de Naha, chef-lieu de préfecture. Par ailleurs, les maladies dues à une mauvaise hygiène de vie augmentent, ce qu'on peut probablement rattacher à la forte densité de fast-foods sur l'archipel.

Ceci étant dit, le reste de l'article rappelle qu'il ne faut pas s'inquiéter plus que de raison :

Malgré sa "macdonaldisation", l'alimentation japonaise reste assez équilibrée. Les cas d'obésité y sont trois à quatre fois inférieurs à ce qu'ils sont en France. Une étude de l'université de Tohoku a établi que les Japonais ont un taux de cholestérol dans le sang dix fois moindre que les Américains.

Terminons sur un point positif :



Bien, faisons maintenant les comptes :

- j'ai parlé du régime d'Okinawa, très bon pour le référencement d'un blog,
- j'ai cité Philippe Pons, très bon dans ses articles
- j'ai cassé un mythe, très bon pour le débat
- j'ai mis une photo de très bon plat... Très bon tout court.

À bientôt et merci pour les petits messages sympathiques !

14 mars 2008

Le camembert japonais



Pendant longtemps, quand on me demandait si la France me manquait, je répondais sincèrement : "oh, pas tellement". C'était avant de goûter au camembert japonais !

Car s'il est possible de trouver des crêpes avec un goût authentique, il n'en est pas de même pour le pain ni pour le fromage.

Etudions ça de plus près :


Bon, très bien, il y a la mention camembert en français, un petit rappel du drapeau français et une photo trompeuse. Comme pour la plupart des produits laitiers, il est indiqué que le lait provient de Hokkaidô (la grosse île glaciale tout au nord) et une mention précise en caractères japonais : "camembert cheese" (sur le bandeau bleu).

J'ai faim, j'ouvre la boîte.


Oh, surprise, un plastique... À vrai dire, ce n'est pas une surprise quand on constate l'habitude des commerçants japonais d'envelopper de deux ou trois couches de plastique les produits alimentaires vendus. Enfin là, c'est du camembert, ils ont presque raison de le faire.

J'ai très faim, je poursuis :


Oh, encore un plastique ! Tout ça n'entame néanmoins pas mon appétit et j'élimine rapidement cette nouvelle barrière.

Au cas où le consommateur l'aurait déjà oublié, le contenu est bien un camembert. La dégustation peut commencer.


Oui, et alors ?

Et alors ça se mange ! Je ne suis pas un grand connaisseur de fromage mais celui-ci ne m'a pas spécialement agressé les papilles, pas plus qu'il ne les a spécialement ravies mais ne faisons pas la fine bouche, ce n'est pas la spécialité locale.

Et puis ?

Reste que ce produit coûte cher : environ 2€ le fromage de 100 grammes (vraisemblablement 70 grammes sans les emballages). Bon, les sushis des restaurants japonais de France ne coûtent pas non plus moins d'un euro l'unité, comme ici.

Tiens, bonne idée, ça, je vous parlerai peut-être de sushis prochainement.

À signaler aussi, le "pain au sésame noir et à la crème de camembert", trouvable un peu partout et qui ressemble à ça :



Le goût est correct également mais ça ne casse qu'une ou deux briques sur l'échelle de Braque.